Les années 2010 et 2011 ont été fortement marquées par les négociations en vue du renouvellement de la Convention de mise en marché du poulet au Québec, échue depuis le 31 décembre 2007 et qui fixe les règles du jeu quant à l’approvisionnement du poulet vivant. Deux des trois parties impliquées dans ces négociations, soit l’Association des abattoirs avicoles du Québec (AAAQ) et les Éleveurs de volailles du Québec (ÉVQ), en désaccord avec l'Association des acheteurs de volailles du Québec (AAVQ), avaient déposé au début de 2011, auprès de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ), une convention aux fins d’homologation, qui fut ultérieurement soumise pour arbitrage. La RMAAQ a finalement rendu sa décision dans ce dossier le 7 février 2012, tranchant en faveur du projet de convention proposé conjointement par les Éleveurs de volailles du Québec (ÉVQ) et l’Association des abattoirs avicoles du Québec (AAAQ). La Décision 9829 (p. 18) « Arrête le contenu de la Convention de mise en marché du poulet comme étant celui annexé à la présente décision - le texte proposé par l'AAAQ et les ÉVQ - pour en faire partie intégrante et pour tenir lieu de convention homologuée conformément à la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche. »
L’entrée en vigueur de la Convention, prévue le 15 juillet 2012, signifie également la mise en œuvre du Protocole d’entente signé par les deux principales associations d’acheteurs du Canada central (l’Association des abattoirs avicoles du Québec (AAAQ) et l’Association of Ontario Chicken Processors (AOCP) et les deux offices provinciaux de producteurs (les ÉVQ et les Chicken Farmers of Ontario (CFO)). Cette entente assure une garantie d’approvisionnement à tous les abattoirs du Québec et de l’Ontario, menacée depuis quelques années par une augmentation importante du commerce de poulets vivants entre les deux provinces. Elle concède en plus un avantage au Québec qui ajoutera périodiquement à son allocation une quantité de 700 000 kg de poulet alors que, à l’inverse, l’Ontario devra réduire la sienne d’une quantité identique. Quant aux producteurs, de l’une ou l’autre des provinces, ils pourront continuer à vendre leurs poulets à l’acheteur de leur choix, qu’il soit ontarien ou québécois.
À l’instar des années 2009, 2010 et, dans une moindre mesure, en 2011, les négociations se poursuivent à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Quoiqu’il advienne de ces négociations, tout accord qui pourrait être conclu dans le cadre du Cycle de Doha aura un impact déterminant sur l’avenir du système canadien de gestion de l’offre et de l’industrie avicole au pays.
En ce qui a trait à l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (ÉQCMA), créée par les sept partenaires de l’industrie avicole, dont l’AAAQ, le travail se poursuit afin de renforcer les mesures de biosécurité au sein de la chaîne d’approvisionnement. Les mesures mises en place par l’industrie à l’échelle canadienne ne sont certes pas étrangères au fait qu’aucun cas de grippe aviaire n’ait été signalé au cours des deux dernières années.
Les entreprises Olymel s.e.c./l.p., Exceldor coopérative et Volaille Giannone inc. ont investi dans plusieurs projets innovateurs au cours des deux dernières années. Parmi ces projets, mentionnons les essais scientifiques, qui se poursuivent à plus grande échelle depuis 2011, visant à produire au Québec du poulet sans antibiotique, de même que la modernisation des systèmes d’attrapage et de transport du dindon.
Comme c’est cas depuis quelques années, les discussions sont fréquentes entre transformateurs et producteurs canadiens afin d’élaborer des mécanismes d’amélioration du système d’allocation nationale avec pour objectif de le rendre plus fidèle aux réalités du marché.
En conclusion, l’industrie de la volaille continue de relever, avec brio, de très nombreux défis. Les consommateurs canadiens peuvent sans contredit compter quotidiennement sur des produits sains, de grande qualité et à prix avantageux.
Yvan Brodeur, président par intérim
Conseil de direction AAAQ