L'Association des Embouteilleurs d’eau du Québec (AEEQ) s’est jointe au CTAC en 2009 afin de bénéficier d’une représentativité et d’une expertise plus fortes pour pouvoir mieux faire face aux nombreux défis auxquels les membres sont confrontés chaque jour. Nous sommes très heureux de notre décision et assurons notre pleine collaboration au CTAC.
En premier lieu, il est important de souligner que les embouteilleurs d’eau sont régis par une réglementation mise en place en 1973 (Loi sur la qualité de l’Environnement du Québec) et cette réglementation est particulière au Québec et est plus complète que celle du fédéral (Chapitre 12 de la loi sur les aliments et drogues). Étant donné que les autres provinces n’ont aucune réglementation provinciale, des entreprises d’eau étant sous leur juridiction n’appliquent que la réglementation fédérale ce qui a pour résultat de voir se retrouver sur les marchés québécois des eaux avec des étiquettes différentes et surtout non-conformes à la réglementation québécoise. Cette situation apporte de la confusion.
De plus, des eaux importées entrent au pays en ne suivant aucune réglementation et sont vendues sur les tablettes de nos supermarchés partout au pays sans être ramenées à l’ordre de quelque façon que ce soit, ni par les inspecteurs fédéraux, ni par leurs homologues provinciaux. Au tournant des années 2000, les différents gouvernements ont travaillé de concert avec l’industrie des eaux embouteillées du Québec et du Canada à un projet d’harmonisation des lois et règlements sur l’eau embouteillée. Nous souhaiterions que ces changements s’appliquent dans les plus brefs délais afin que toutes les eaux, importées ou domestiques, puissent suivre la même réglementation et qu’aucune marque d’eau ne tire un quelconque avantage commercial par rapport aux autres marques respectueuses des lois qui doivent se conformer à des critères très stricts et pas toujours attrayants sur le plan visuel.
En second lieu, notre industrie est très soucieuse de son environnement et nous croyons que cette volonté de protéger l’environnement devrait être la même pour tous et toutes. Depuis peu, nous faisons face à un nouvel envahisseur : l’industrie des gaz de schistes. Industrie qui semble être davantage tournée vers le profit à court terme plutôt que vers le respect de l’environnement. Ils effectuent des forages n’importe où et utilisent des produits chimiques pour fracturer le roc et obtenir du gaz naturel. La vie de ces forages est courte, soit de trois à cinq ans, mais les dégâts causés par la présence de ces produits chimiques sont permanents pour le sous-sol et continueront à s’infiltrer dans les nappes d’eaux souterraines durant des années en détruisant à jamais les barrières naturelles du sous-sol. Nous devons être vigilants et se demander collectivement si nous avons vraiment besoin de cette source d’énergie non renouvelable et se questionner sur ces soi-disant profits par rapport aux inconvénients qui leur sont inhérents.
Les embouteilleurs d’eau du Québec sont très mal connus du public et des médias. Ces derniers, très souvent, diffusent des informations erronées, se rapprochant de l’idée reçue, du cliché, et alimentant ainsi de nombreux préjugés à notre endroit. Nous devons corriger toutes cette désinformation en mettant en place un plan de communication qui apportera toute la lumière sur cette industrie qui, se retrouvant majoritairement en région, participe à l’essor économique des régions du Québec.
Nous devons continuer de développer les eaux québécoises et mieux les faire connaître aux consommateurs d’ici en leur présentant tous les bienfaits d’une telle industrie.
Pierre Gagné
Président de l’Association des Embouteilleurs d’Eau du Québec